Cultiver le Basilic sacré sans difficulté

Cultiver basilic sacré - basilic sacre 1
Basilic sacré

 

Semer, planter, soigner votre Basilic Sacré

Le basilic sacré est l’une de mes plantes médicinales préférées. De plus, il est très facile à cultiver, comme nous allons le voir sur cette page.

Cet article traite de la variété annuelle (Ocimum sanctum) et de la variété vivace (Ocimum gratissimum).

Pour l’utilisation de cette plante en naturopathie, voir mon article à ce sujet : basilic sacré (Tulsi).

Les graines du Basilic sacré

Les graines d’Ocimum sanctum (annuelles) sont noires et de taille similaire à celles du basilic classique (Ocimum basilicum).

Les graines d’Ocimum gratissimum (vivaces) sont marron et légèrement plus petites. Mais dans l’ensemble, elle se manipulent relativement bien à l’oeil nu et à la pince à épiler, il n’est pas nécessaire de prendre des précautions particulières.

Voir photo ci-dessous, O. gratissimum à gauche et O. sanctum à droite.

Cultiver basilic sacré - Graines
Graines de Basilic sacré

Cultiver le Basilic sacré : techniques de germination

Avant de commencer le semis du Basilic sacré ou des graines de plantes médicinales particulières, veuillez lire les deux articles consacrés à la germination :

Germination (Partie I)
Germination (Partie II)

Comment semer les graines de Basilic sacré ? Ce qui est particulier

Voici les détails spécifiques aux graines de basilic sacré :

Annuelle ou Vivace Annuelle (O. sanctum), Vivace (O. gratissimum)
Stratification à froid Non
Exposition au chaud Non
Scarification Non
Exposition à la lumière directe Non

En terme de germination, la plante se travaille donc comme un basilic traditionnel. On suivra la “méthode de base” exposée dans l’article sur la germination.

Culture du Basilic sacré

Exposition Plein soleil
Arrosage Régulier en pot, peu d’arrosage en pleine terre
Terre Terre qui draine bien. Apport d’un peu de fumier avant de planter, ajout de compost au pied des plantes pendant l’été.

Je démarre en général une partie de mes semis en serre, en mars, afin de gagner quelques semaines et pouvoir le consommer rapidement en infusions, et pour en garder aussi quelques spécimens en pot tout l’été.

J’en sème aussi un carré au jardin un peu plus tard en mai, lorsque le sol s’est réchauffé un peu. Ceux-ci resteront en pleine terre tout l’été. Ils se ressèment en général assez bien, mais je sème quelques pincées de graines en plus, à la volée, afin de m’assurer qu’il y en aura assez.

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Jeunes plants d’Ocimum sanctum en godets

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Jeunes plants d’Ocimum gratissimum en godets et en pots

Les deux types se plaisent aussi bien en pot qu’en pleine terre, peuvent grandir dans la serre, sur le balcon, sur le rebord de la fenêtre ensoleillée ou en extérieur.

On se rappelera que O. gratissimum, en tant que vivace qui craint le froid, aura besoin d’être rentré pour passer l’hiver.

O. gratissimum a tendance à avoir une forme étroite et qui monte vers le haut. On peut les planter serrés en pleine terre, disons tous les 20 cm, et ils se tiendront bien les uns contres les autres. Je garde les miens en pots pour la facilité d’hivernage.

Si vous plantez O. gratissimum en pleine terre, transférez-les en pots pour l’hivernage, ou essayez de les pailler copieusement. Par contre, je ne garantie rien quant à sa survie si vous les laissez dehors, vous prendrez des risques.

O. sanctum, dans mon expérience, à tendance à rester trapu mais très dense lorsque laissé en pleine terre. Lorsqu’on le cultive en pot, il est plus aéré et plus haut, un peu comme un basilic culinaire. En pleine terre, n’hésitez pas à lui donner de l’espace en éclaircissant, avec un espacement de 30 cm entre chaque plants.

 

Cultiver basilic sacré - Basilic sacré (Ocimum gratissimum) en pot

Basilic sacré (Ocimum gratissimum) en pot

Insectes et maladies : les ennemis du Basilic sacré

Qu’il soit en pot ou en pleine terre, il n’est pas susceptible aux maladies. Je n’ai jamais eu de problèmes avec mes basilics sacrés, alors que certaines de mes autres plantes médicinales souffrent lorsqu’il fait trop humide et que les maladies courent au jardin.

Je dirais juste que les escargots et les limaces apprécient les tendres feuilles. Ils peuvent infliger beaucoup de dégâts aux jeunes plantules.

Bilan et récolte 2018

Chers amis jardiniers, voici un petit message au sujet de nos stocks de graines au printemps 2018.

L’été 2018 a été encore une fois très chaud. Mais la situation a été plus gérable que pendant l’été 2017. L’année précédente, de nombreuses plantes avaient quasiment disparues pour réapparaitre brièvement à l’automne. Cette année, j’ai eu très peu de pertes.

La récolte à l’automne a été bonne pour certaines plantes, excellente pour d’autres.

La récolte de basilic sacré a été particulièrement impressionnante. La taille de chaque pied dans mes carrés de permaculture a battu des records.

Dans l’ensemble, je suis donc plutôt satisfait de cette année 2018. Les graines sont belles et bonnes !

Vidéo réussir les semis

Voici une vidéo qui résume les 2 pages assez longues et détaillées que j’ai préparé sur le site. Désolé, un petit bug dans le vidéo vers 6:30 et qui ne dure que quelques secondes…

Les autres vidéos mentionnées :

Les deux articles qui couvrent tous ces détails sous format écrit :

Transcription :

Bonjour, c’est Christophe du Jardin des Médicinales. Dans cette vidéo, je vous propose de faire un grand tour d’horizon des différentes méthodes que j’utilise pour faire germer les graines. Cela fait plusieurs années que je sème chaque année de nombreux types de graines. Je n’aurai pas la prétention de vous dire que j’ai la recette miracle, ou que ça marche à tous les coups. Au contraire, je fais toujours des erreurs, mais au plus j’avance, et au plus mes taux de germination sont élevés. Je vous propose donc de passer en revue tous les gestes essentiels pour réussir les semis. On va se concentrer sur les plantes médicinales, mais vous pouvez utiliser ces mêmes méthodes pour faire germer n’importe quel type de graines : potagères, décoratives, sauvages ou autres.

Alors, d’abord, on les sème quand ces graines ? A quel moment de l’année ? Et bien on va les semer principalement au printemps. Il y a une petite exception à cette règle et on va la voir plus tard, c’est pour les graines qui demandent une stratification à froid. Vous avez donc quelques bons mois pour faire les semis. Chez moi, l’idéal c’est mars et avril, en mai il commence déjà à faire un peu chaud. Chez vous ça sera peut-être avril-mai ou mai-juin en fonction de votre latitude. Attendez après les dernières gelées mais n’attendez pas trop non plus. J’ai remarqué que lorsque les nuits sont toujours un peu fraiches et que les journées sont douces mais pas trop chaudes, les graines germent mieux. Si vous attendez trop, le soleil risque d’être trop fort, les températures trop hautes, ce qui peut littéralement griller la surface de votre terreau. Les graines n’aiment pas ça du tout.

On va maintenant parler du terreau, sujet très important. Je vous conseille vivement de ne pas faire d’économies sur le terreau. Achetez un terreau spécial semis, de préférence de qualité bio pour éviter de vous retrouver avec des pesticides dans vos bacs de semis. Surtout sachant qu’on va consommer ces plantes à un moment ou à un autre sous forme de teinture, d’infusion ou autre.

  • Un bon terreau pour semis doit être fin pour bien enrober la graine qui pourrait se retrouver coincée sous un gros débris si vous achetez un terreau grossier.
  • Ensuite un bon terreau doit fournir un bon compromis entre drainage et rétention d’eau. S’il retient trop l’eau, la graine peut pourrir. Sinon, la graine peut sécher trop vite.

Demandez tout simplement conseil au vendeur dans votre jardinerie ou mieux, faites le tour des pépiniéristes et demandez ce qu’ils utilisent. C’est ce que j’ai fait pour trouver mon terreau, j’ai fait le tour des jardineries, des coopératives agricoles, j’ai parlé avec des producteurs de plantes et on m’a recommandé un bon terreau qui m’a toujours donné satisfaction.

Sur mon site, je vous conseille de rajouter un peu de sable à votre terreau. Pourquoi ? Et bien parce qu’un peu de sable permet d’obtenir un meilleur drainage. Ceci peut vous permettre d’éviter une fonte des semis du à une stagnation trop importante d’eau dans vos bacs. Je trouve que ça rajoute une petite assurance pour le jardinier débutant. Par contre, il faudra arroser plus souvent. Et oui parce que l’eau va moins rester. Si vous n’êtes pas sur de pouvoir faire la tournée de vos bacs de plantation au moins 2 fois par jour lorsqu’il fait chaud, ne rajoutez pas de sable, cela vaudra mieux que de laisser sécher vos bacs. Si vous utilisez du sable, je vous conseille de mettre 1 petite poignée de sable pour 5 ou 6 grosses poignées de terreau. Préparez votre mélange dans un seau, mélangez bien uniformément, et vous êtes prêt à remplir vos bacs.

On parle maintenant des contenants. Dans quoi allez-vous semer vos graines ? Tout d’abord, s’il vous plait, laissez tomber les pot de yaourt, les boites à œufs et les autres petits contenants de ce type. Je suis à 100% pour la récup, mais ces petits pots sèchent trop vite. Il vous faut un gros contenant afin de fournir un bon volume de terre. Voici ce que j’utilise le plus souvent, une caissette en bois ou en plastique de récup dans laquelle je mets un morceau de sac de terreau que j’ai découpé afin de retenir la terre dans ma caissette. Ensuite je vais remplir de mon mélange terreau et un peu de sable et je vais bien tasser. A ce moment là, je vais arroser une première fois pour bien humidifier ma terre. Voilà. Ensuite je tasse une première fois avec une brique. Je vais maintenant diviser ma caissette en plusieurs zones de plantation en fonction de mes besoins. Si je veux planter une vingtaine ou une trentaine de graines, diviser en 4 avec des baguettes de bois ou autre sera suffisant. Voilà, maintenant je suis prêt à semer.

Vous vous posez peut-être la question suivante : pourquoi ne pas semer en plein terre ? Si les graines sont grosses, graines de souci, de fenugrec, de bardane, de chardon-marie, etc. – c’est tout à fait possible. Mais attention, au printemps toutes les plantes du jardin vont germer, vos graines, et les graines des autres plantes sauvages du jardin. Il faudra parfois faire un petit ménage si vous ne voulez pas étouffer vos plantules, et là, il faut reconnaître la plantule en question qui n’a parfois rien à voir d’un point de vue apparence avec la plante mature. De plus, vous avez les oiseaux qui peuvent manger vos graines, les chats qui peuvent venir gratter, une forte pluie qui peut déloger vos graines, etc. Bref, vous l’avez compris, je vous recommande de planter dans un environnement contrôlé, le bac de plantation.

Autre question importante, où placer les bacs pour faire germer vos plantes ? Personnellement, j’utilise la lumière directe dans ma serre en mars et début avril, et remarquez que la lumière est déjà bien filtrée par la bâche. Ensuite, je place des voiles d’ombrage pour éviter le soleil direct lorsqu’il commence à faire chaud. Chez vous, vous pouvez utiliser le rebord d’une fenêtre avec une bonne lumière mais attention s’il y a soleil direct trop souvent, ça peut sécher le terreau trop vite. Vous pouvez utiliser une véranda si vous en avez une, c’est idéal. Vous pouvez aussi acheter une petite serre portable qui va retenir l’humidité et maintenir de bonnes températures en particulier en début de printemps, ce n’est pas bien cher en jardinerie. Donc vous l’avez compris, peu importe le lieu, le tout est de trouver un bon compromis entre de la lumière et une température douce pendant la journée, mais pas trop de soleil direct non plus sous peine d’assécher votre bac trop vite. Il faudra surveiller les bacs régulièrement.

On passe maintenant aux différentes méthodes que vous allez utiliser pour optimiser la germination des graines. Et là, je vais faire une parenthèse pour les plantes médicinales. Ce sont des graines de plantes sauvages. Elles n’ont pas été sélectionnées au fil des générations pour une germination maximale. Les annuelles et les bisannuelles, en général, vont très bien germer. C’est le cas du basilic sacré, du pavot de Californie, du souci, de la bardane, du chardon marie, etc. Par contre, dès qu’on passe aux vivaces, là il faut souvent faire preuve d’ingéniosité afin de contourner les méthodes que la nature a mis en place pour ralentir la germination. Pourquoi ralentir les choses, et bien pour s’assurer que l’on va répartir la germination sur plusieurs années et minimiser les pertes des individus. Si toutes les graines germent ce printemps et que l’hiver prochain est particulièrement rude, la plante risque de perdre toute sa progéniture.

Voici les méthodes de germination que nous allons utiliser :

  • D’abord ce que j’appelle la méthode de base. On sème, on recouvre légèrement de terre, on tasse, on arrose et on attend.
  • Ensuite, on va parler de stratification à froid.
  • Ensuite on va parler de germination à la lumière
  • Et on finira par la scarification.

Je vous rappelle que sur mon site, vous trouverez pour toutes mes graines le type de méthode à employer.

On s’entraine tout d’abord sur la méthode de base. On va prendre des petites graines, des graines d’hysope, les voici. Mon terreau a été tassé et il est humide. Je vais tout simplement griffer légèrement mon terreau avec mes doigts, puis saupoudrer ces graines le plus uniformément possible sur mon petit carré. Ensuite je tasse avec ma brique. Puis je place une petite étiquette avec le nom, puis je note la date de semis dans mon carnet afin de savoir combien de jour il faudra pour que les premières graines germent, c’est toujours bon d’avoir l’information d’une année sur l’autre. Et enfin j’arrose au vaporisateur. Je vous ai fait une petite vidéo sur l’arrosage d’ailleurs, je vous conseille de la regarder.

Lorsque mes graines sont grosses, je vais utiliser directement un godet. Cela va m’économiser du travail plus tard car je n’aurai pas à repiquer. D’ailleurs, je vous ai fait une vidéo sur le repiquage en godet, c’est une vidéo un petit peu vieille, l’une de mes premières, donc soyez indulgent, je n’avais pas encore l’habitude de me faire filmer. Retour à nos godets. On va prendre des graines de bardane par exemple comme celles-ci, je prend un godet que j’ai au préalablement mouillé à l’arrosoir, puis je fais un petit trou, pas très profond non plus, on n’est pas en train de planter des fèves, puis je recouvre de terre. J’arrose ensuite au vaporisateur, puis une fois germé je vais arroser tout simplement à l’arrosoir.

Parlons maintenant de stratification à froid. Certaines graines ont besoin du passage du froid pour germer. Ce qui ne veut pas dire qu’elles ne vont pas germer s’il n’y a pas une période de froid, juste que ça germera moins. C’est le cas de l’échinacée, de la brunelle ou de la verveine officinale par exemple. On peut soit les semer à l’automne dans un bac de plantation à l’extérieur et laisser faire le passage du froid, il faudra arroser le bac de plantation de temps en temps et le protéger des intempéries. Pour faire plus simple, on va utiliser le réfrigérateur. Voici comment faire. Il vous faudra une petite passoire de cuisine. Vérifiez d’abord que les graines ne passent pas au travers de la passoire. Ensuite, vous allez tamiser un peu de sable. Vous l’humidifiez, il ne faut pas le détremper juste l’humidifier. Ensuite vous placez ce sable dans un sac plastique et vous placez les graines à l’intérieur, ici je vais mettre des graines d’échinacée par exemple. Puis je vais placer ce petit sac au réfrigérateur pendant en général 3 à 4 semaines. Regardez de temps en temps pour voir si les graines n’ont pas germé dans le sac. Si c’est le cas il faudra les planter tout de suite. Sinon vous attendez. Au bout de 3 à 4 semaines, vous placez le sable et les graines dans la petite passoire, puis vous l’immergez dans de l’eau et regardez, le sable traverse et les graines restent ! Il ne vous restera plus qu’à planter les graines en utilisant la méthode de base dans la plupart des cas.

Certaines graines ont besoin de lumière pour germer. Ceci signifie que si vous recouvrez les graines de terre, elles ne vont pas germer de manière optimale. C’est le cas du bouillon blanc, de la bourse à pasteur ou du millepertuis par exemple. Vous allez humidifier et tasser le terreau une première fois, et là vous n’allez pas griffer le terreau comme pour la méthode de base, vous allez saupoudrer directement les graines, puis tasser à nouveau et vous n’allez pas les recouvrir de terre, on peut les voir à la surface. Ensuite vous gardez votre bac dans un endroit lumineux mais pas forcément avec le soleil direct comme je vous ai expliqué, à vous de voir, si le soleil est doux pas de problème, s’il est trop fort votre terreau risque de griller et vos graines aussi. Chez moi, je préfère garder mes bacs avec une exposition indirecte.

Dernière méthode, c’est la scarification. Certaines graines ont une enveloppe tellement dure que l’eau ne peut pas y pénétrer facilement. On va donc casser délicatement cette enveloppe par endroits afin d’à peine exposer la partie blanche de la graine qui se trouve en dessous. C’est une méthode utile et nécessaire pour les graines d’astragale de chine, d’hibiscus ou de réglisse par exemple. Vous avez plusieurs manières de procéder. Si vous avez une grosse graine comme la graine d’hibiscus, vous allez tout simplement la prendre entre votre pouce et votre index et entailler la graine au cutter, attention aux doigts, je vous ai fait une petite vidéo séparée sur ce sujet. Si la graine est de taille moyenne, comme la graine d’astragale de chine, j’essaye de l’attraper à la pince à épiler puis je la pince fermement, et je vais frotter la graine sur du papier verre à grain fin. C’est très laborieux je vous préviens tout de suite. Si vous n’arrivez pas à attraper la graine à la pince à épiler ou au doigt et qu’elle est trop petite, c’est le cas de la graine de cataire par exemple, vous allez utiliser deux feuilles de papier verre, vous placez vos graines entre les deux, et vous effectuez un mouvement de rotation comme ceci. . Là encore c’est très laborieux et on ne voit pas exactement si la scarification est réussie ou pas. Donc ce que je vous conseille de faire, c’est de garder une partie des graines de côté et de ne pas les scarifier, au cas où la scarification endommage les graines.

Une fois les graines scarifiées, vous allez les laisser tremper dans un verre d’eau toute une nuit et les planter le lendemain en utilisant en général la méthode de base.

Voilà qui met fin à cette vidéo qui résume mes expérimentations avec les graines, j’espère que vous l’avez trouvée utile. Le message de fin, c’est le suivant : soyez patient avec les graines de plantes sauvages, cela ne fonctionne pas à tous les coups hélas, et parfois c’est plutôt long, n’abandonnez pas au bout de 2 semaines, gardez vos bacs et continuez de les arroser pendant tous les mois du printemps, qui sait, ça finira peut être par germer. Merci d’avoir écouté, sur ce je vous dis à très bientôt au jardin !

Almanach du jardinier de médicinales

Je remercie le magazine Plantes et Santé qui m’a laissé réutiliser le contenu que j’ai écrit pour eux.

Almanach du jardinier


Janvier

  • Pensez à nourrir la terre pour le printemps à venir. Si vous avez identifié un carré ou une bande qui va accueillir de nouvelles plantes, épandez du fumier ou du compost et retournez la terre à l’aide d’une bêche. Rien de tel pour brûler les calories emmagasinées pendant les vacances de Noël !
  • Surveillez les vivaces qui craignent le froid : vérifiez que le paillage que vous avez préparé en novembre et décembre est toujours en place et n’a pas été balayé par le vent.
  • Si la neige s’accumule sur vos plantes, ne l’enlevez pas, et attendez qu’elle fonde toute seule avec le radoucissement des températures. Elle garde la température au sol constante, et est riche en azote.
  • Les médicinales qui ont été hivernées à l’intérieur font souvent grise mine en janvier. Sortez vos pots à l’extérieur les jours de soleil afin de leur faire profiter de ce petit moment de bonheur.
  • Vous pouvez planter les graines qui nécessitent une stratification à froid, comme l’échinacée, le houblon, la verveine, ou la brunelle. Préparez un bac de plantation que vous remplissez de terreau, une caisse en bois ou en plastique tapissée d’un sac est idéale. Humidifiez le terreau à l’aide d’un arrosoir, tassez, étalez les graines, recouvrez-les d’une mince couche de terre, tassez à nouveau. Placez la caisse à l’extérieur, à l’abri des animaux et des intempéries (sous un porche par exemple, recouverte d’un fin grillage). Humidifiez à l’aide d’un vaporisateur si la terre sèche trop. Attendez patiemment l’arrivée du printemps.

Février

  • Février est un mois stratégique, un mois de planification. Vous n’avez plus que quelques semaines devant vous avant les premiers semis de mars !
  • Il est temps de faire les réserves de terreau pour les plantations de mars. Achetez du terreau stérile. Ce terreau a été chauffé afin de détruire les spores, bactéries, larves et autres organismes qui pourraient entraîner une fonte des semis. De plus, le terreau est propre et ne contient pas de graines étrangères. Si vous utilisez la terre du jardin, des dizaines de graines différentes vont germer au printemps, et vous ne saurez plus reconnaître vos plantules.
  • Récupérez les vieilles caisses et cagettes qui vous serviront de bac de plantation. Autant faire du recyclage : tout vieux contenant peut faire l’affaire – une vieille bassine, un vieux tiroir, etc. Le tout est de faire quelques trous à la base pour laisser passer l’eau.
  • Achetez aussi des petites bandelettes spéciales semis, qui vous permettront de marquer le nom de la graine pour chaque semis. Vous pouvez aussi découpez vos propres étiquettes dans une bouteille de lait en plastique, ou dans un pot vide de yaourt ou de crème fraiche. Utilisez un marqueur permanent, ou un stylo bille (faites un test pour vous assurer que l’encre ne parte pas à l’eau).
  • Achetez un bon vaporisateur si vous comptez faire plusieurs semis. J’utilise un vaporisateur à dos de 20 litres qui me permet d’humidifier tous mes bacs en une seule passe. Vous trouverez des vaporisateurs de toute taille en jardinerie. Un conseil – n’achetez pas trop petit.

Mars

  • Certaines graines comme l’échinacée, la brunelle ou le houblon ont besoin de stratification à froid. Mettez un peu de sable tamisé et humidifié (pas trempé) dans un sac ziploc et enfouissez vos graines dedans. Refermez le sac et placez-le au réfrigérateur dans le compartiment à légumes. Sortez-le au bout de 6 semaines (donc en avril), mettez graines et sable dans une passoire assez fine pour garder les graines mais laisser passer le sable tamisé, et faites couler de l’eau par dessus afin de récupérer les graines. Semez immédiatement.
  • Vers la fin du mois, si le risque de gel est écarté dans votre région, commencez vos semis de graines de printemps (bardane, ortie, pavot de Californie, plantain, et bien d’autres).
  • Certaines graines, en particulier celles des fabacées (astragale de chine, réglisse) doivent être scarifiées avant d’être plantées. Frottez délicatement la graine sur une feuille de papier verre à grain fin afin de faire à peine apparaître l’endosperme (partie blanche sous l’enveloppe externe), puis plantez.
  • Utilisez les vieilles caisses et cagettes dont nous avons parlé le mois dernier. Recouvrez-les de plusieurs couches de journal ou de vieux sacs de terreau vides, remplissez-les de terreau et faites vos semis dedans. Rajoutez une bonne poignée de sable par seau de terreau afin de lui donner un meilleur drainage et de réduire les risques de pourriture des graines.
  • L’humidification des semis est la clé de la réussite. Munissez-vous d’un bon vaporisateur et contrôlez vos semis au moins une fois par jour, idéalement deux si vous avez une véranda ou une serre. Ne laissez pas la surface du bac sécher et se craqueler.

Avril

  • Les graines que vous avez semées le mois dernier ont commencé à germer. Si vous avez semé dru, il faut éclaircir vos plants pour ne laisser que les plus forts. Le matériel nécessaire : une pince à épiler, ou un doigté précis. Gardez uniquement le nombre de plants nécessaires pour vos projets, en vous assurant que les plants ne se touchent pas et qu’il y ait une bonne aération entre les plants. Et n’oubliez pas que l’on a tous tendance à trop planter et se laisser plus tard déborder par le travail.
  • Préparez vos bandes ou vos carrés au jardin. Pour faire un travail propre, utilisez un cordeau de jardin. Pour les bandes, disposez votre cordeau en ligne. Pour les carrés, délimitez la zone à l’aide du cordeau puis travaillez à l’intérieur. Si votre terre est pauvre, épandez une bonne couche de compost ou de fumier composté et travaillez le tout à la bêche. Si elle est relativement bonne, épandez le compost et incorporez-le en surface à l’aide d’une griffe, mais ne le retournez pas à la bêche afin de ne pas trop perturber l’écosystème bactérien du sol.
  • Commencez à réfléchir à des moyens de garder les escargots, limaces, et « mauvaises herbes » hors de vos zones de plantation. Je recommande une « zone propre » autour de vos carrés ou bandes, retournée elle aussi afin d’enlever les herbes, ou toujours tondue à ras du sol. J’utilise une débrousailleuse à fil afin de faire ce travail. Si les escargots et limaces sont un problème, vous pouvez épandre de la sciure de bois sur cette zone propre.

Mai

  • Il est temps de semer les plantes qui demandent une germination dans un environnement chaud. Je pense en particulier à la sauge blanche (Salvia apiana) tant convoitée pour purifier un lieu. Cette sauge des contrées arides américaines se sème dans un mélange riche en sable, disons 2 poignées de sable pour 4 poignées de terreau de plantation. Le terreau sèche vite car il draine beaucoup, pensez à humidifier votre bac souvent.
  • Le mois dernier, nous avons éclairci les plantules dans nos bacs de plantation afin de ne garder que les plus fortes. Il est maintenant temps de les passer en godets individuels afin de les laisser fortifier avant de les passer en pleine terre. J’utilise un godet de taille 9x9x9,5 cm dans une première étape, puis occasionnellement un pot de 1 litre dans une deuxième étape si la plante est fragile, ou si je n’ai que peu d’exemplaires et je veux m’assurer de leur vitalité avant de les transplanter.
  • La transplantation en pleine terre est une étape cruciale. Maniez vos plants avec précaution. Arrosez bien vos godets la veille afin que la motte ne s’effrite pas trop, puis plantez à la fraicheur matinale ou en début de soirée. Renversez le godet sur votre main afin de libérer la motte, puis démêlez délicatement les racines qui auraient pu s’entortiller dans le pot. Creusez un trou 2 à 3 fois plus gros que la motte, et incorporez une ou deux poignées de compost dans la terre si vous ne l’avez pas amendée auparavant. Une fois en terre, arrosez bien la plantule afin d’éliminer les poches d’air éventuelles autour des racines.

Juin

  • Si vous n’avez pas encore fabriqué de claies, je vous conseille vivement de le faire, c’est un outil essentiel pour un bon séchage. Fabriquez d’abord la colonne qui va recueillir les claies, constituée d’un cube en bois renforcé par des tasseaux horizontaux sur lesquels les claies vont se reposer tels des tiroirs. Construisez ensuite les claies, faites d’un cadre de bois sur lequel vous avez cloué un morceau de grillage à maille fine (1 à 2 cm) sur le fond. Sur le grillage et à l’intérieur de la claie, agrafez un carré de moustiquaire légèrement plus grand que le cadre. La colonne devrait pouvoir contenir 4 ou 5 de ces claies, espacées de 40 cm. La taille des tiroirs dépend de vos objectifs et de la pièce qui accueillera la colonne.
  • La fin juin est le moment de ramasser le millepertuis. Coupez les sommités sur environ 4 à 5 cm. Laissez-leur perdre la plus grande partie de leur eau sur une grille de séchage, mais ne les laissez pas sécher complètement. La feuille doit avoir l’air très fripée mais pas cassante. Vous pouvez à ce moment là soit faire un macérât alcoolique, 500 ml d’alcool à 45° pour 100 g de sommités (laissez macérer pendant 2 semaines), soit faire un macérât huileux (recouvrez d’huile d’olive et laissez macérer pendant 1 mois dans un bocal recouvert d’un morceau de tissu afin que l’humidité puisse s’échapper).
  • De nombreuses jeunes plantules sont toujours en plein développement, et il est parfois désirable de leur donner un complément d’azote afin de favoriser leur croissance. Le purin d’ortie est une excellente solution, vous en trouverez en jardinerie. Les dilutions recommandées sont en général un demi-litre de purin pour un arrosoir de 10 litres. N’appliquez pas le purin en phase de floraison lorsque la plante est mature.
  • Trouver un bon paillage est critique pour conserver l’eau pendant la saison chaude. Ils sont en général faits de morceaux de bois plus ou moins grossiers. Les grossiers mettront du temps à se dégrader, vous garderez donc le paillage pendant plusieurs saisons. Le désavantage est justement que le bois se dégrade lentement et ne nourrit pas aussi bien la terre. Je favorise personnellement un paillage plus fin qui se décompose plus vite afin de nourrir ma terre pendant l’hiver, les pluies hivernales aidant à la décomposition. Au printemps suivant, je griffe ma terre en surface afin d’incorporer ce paillage décomposé, puis j’étale une nouvelle couche. Notez que de nombreuses déchetteries vertes offrent ces paillages gratuitement aux résidents locaux.

Juillet-Août

  • S’il vous reste des semis de vivaces qui n’ont pas encore germés, elles ne germeront probablement pas cette année. Vous pouvez par contre placer le bac dans un endroit ombragé et l’arroser de temps en temps. Certaines graines peuvent parfois germer au printemps suivant.
  • Si vos étés sont chauds, pensez au paillage pour conserver l’eau. Les paillages grossiers mettront du temps à se dégrader, vous garderez donc le paillage pendant plusieurs saisons. Le désavantage est que le bois se dégrade lentement et ne nourrit pas aussi bien la terre. Le plus fin se décompose plus vite et peut être griffé dans la terre au printemps suivant avant d’en appliquer une nouvelle couche.
  • Sachez que les déchèteries vertes mettent à disposition des particuliers du paillage gratuit. Etalez-le bien sur le sol et faites-le sécher avant de l’appliquer, ceci évitera de propager certains champignons et maladies.
  • Juillet est le moment où l’on récolte de nombreuses médicinales. Et avec toutes ces plantes qui arrivent pêle-mêle et parfois en quantité, il est compliqué de trouver des endroits pour bien les faire sécher. Si vous n’avez pas de claies, pensez au bon vieux séchage en bouquet. Ne faites pas les bouquets trop gros car le cœur ne sèchera pas bien. Dans un grenier ou sous un auvent, plantez deux clous espacés et tirez un fil de fer entre ces deux clous. Accrochez vos bouquets à ce fil de fer tendu pour un bon séchage.
  • Voici une liste de plantes médicinales (non exhaustives) qui se ramassent traditionnellement en juillet : absinthe, achillée millefeuille, aigremoine, alchémille, argentine, basilic, calament, cataire, centaurée, chélidoine, hysope, marjolaine, mauve, mélisse, mélilot, menthe, millepertuis, origan, romarin, rue, sauge, scrofulaire, tanaisie, thym, ulmaire.

Septembre

  • Certaines plantes ont beaucoup donné pendant les mois de juillet et aout. Elles sont parfois épuisées début septembre, avec des parties aériennes qui ont bien triste mine. Une dernière croissance avant l’hiver est encore jouable. Nettoyez les parties fanées, coupez les tiges les plus vieilles. N’hésitez pas à bien élaguer afin que la plante puisse concentrer son énergie sur les dernières pousses. Incorporez quelques poignées de compost autour de la plante et arrosez bien.
  • La récolte des plantes médicinales à racines débute vers la fin du mois de septembre dans certaines régions les plus fraîches. Attendez que les parties aériennes soient quasiment mortes, signe que l’énergie et les constituants de la plante sont repartis vers les racines. Si votre terre est compacte, versez un arrosoir sur la plante la veille de la ramasse afin d’assouplir la terre. Le lendemain, déracinez délicatement la plante avec une fourche bêche. Lorsque possible, prélevez les racines les plus longues, puis idéalement replantez la plante afin qu’elle reparte l’année suivante. Ceci est faisable pour la guimauve, l’échinacée pâle ou pourpre, la réglisse, la grande aunée, la patience crépue et bien d’autres.
  • Pour bien faire sécher les racines, nettoyez-les d’abord à grande eau. Enlevez la terre en les brossant à l’aide d’une brosse à chiendent. Puis coupez les racines en tronçons. Coupez les tronçons les plus gros en deux dans le sens longitudinal afin de bien les faire sécher à l’intérieur. Contrairement aux fleurs et aux feuilles qui sont souvent fragiles, les racines peuvent tolérer un séchage à une température plus élevée, dans une étuve, un déshydrateur, dans une pièce située sous les toits, etc.
  • Pour les racines mucilagineuses comme la racine de guimauve, prenez garde à ce qu’elles ne reprennent pas l’humidité une fois sèches. Pour cela, vous pouvez les stocker dans un bocal hermétique. Assurez-vous que les racines soient bien sèches et cassantes avant de les stocker, sinon elles moisiront dans le bocal.

Octobre

  • Octobre est le mois de récolte de nombreuses racines. Le meilleur outil pour déraciner une plante est la fourche-bêche. Afin de bien sortir la plante sans trop de casse, l’astuce est de verser un arrosoir d’eau ou deux sur la plante la veille afin d’assouplir la terre, et de récolter le lendemain matin. Pour les vivaces comme l’aunée, ne sacrifiez pas la plante. Prélevez une partie des racines, disons un quart, puis replacez la plante en terre.
  • Il est temps de rabattre les vivaces qui ont cessé de produite. Rabattre permet de nettoyer les parties vieilles ou mortes de la plante afin qu’elles repartent mieux au printemps prochain. Ces parties ne sont pas perdues. Vous pouvez les couper au sécateur et les épandre au pied de la plante, l’hiver les décomposera et permettra de nourrir la terre. N’hésitez pas à épandre vos déchets végétaux, herbes et petites branches, qui participeront à l’entretien de l’écosystème de votre terre.
  • C’est avant que le froid s’installe que vous pouvez déplacer certaines vivaces pour leur trouver une exposition plus propice au jardin. Dans mon cas, le problème est systématiquement trop de soleil. Mais dans votre cas, cela peut être l’inverse : trop d’ombre. Si votre vivace ne s’est pas bien développée avec une bonne terre et un arrosage adéquat, c’est qu’elle a besoin d’une autre exposition. A vous de trouver la bonne, souvent en tâtonnant et en faisant quelques erreurs.
  • Vous pouvez effectuer des divisions de racines des vivaces qui s’épuisent vite. L’hysope par exemple a besoin d’une division tous les 2 ou 3 ans ou elle commence à faire beaucoup de bois et peut même périr. Sortez la motte entière, placez-la sur le sol, et à l’aide d’une bêche coupez-là en deux ou en quatre selon la taille. Replantez les divisions séparément.

Novembre

  • En novembre, la récolte des racines se poursuit, en particulier dans les régions où le mois d’octobre peut être relativement doux, comme chez moi en Provence. Il faut toujours attendre que les parties aériennes de la plante soient fanées ou mortes, et ceci demande les premiers passages du froid. Attention de ne pas trop attendre non plus, je me suis parfois fait surprendre avec les premières nuits froides et un sol un peu trop dur le lendemain matin.
  • Novembre est le mois où je mets du propre dans mes stocks de plantes. La nouvelle récolte est bien sèche et stockée dans de grands sacs en papier. J’inspecte la récolte de l’an dernier afin de faire le point. En principe, il faudrait chaque année composter les stocks de l’année précédente. Mais je suis beaucoup plus pragmatique. Je plonge ma tête dans les sacs, je renifle, je mâchouille, j’écrase. Si la plante a toujours bon goût et bonne odeur, pas question de s’en débarrasser ! Je vous conseille de faire de même.
  • Faites aussi un tri régulier dans vos teintures. Elles se conservent pendant des années, mais se dégradent parfois avec le temps. Inspectez en particulier le fond de la bouteille et voyez s’il y a apparition de dépôts. Ceci arrive souvent avec les plantes riches en tannins, en particulier si vous n’avez pas rajouté un peu de glycérine végétale afin de stabiliser les tannins (à raison de 5% à 10% de la solution). Renouvelez les teintures qui se sont précipitées, ainsi que celles qui ont perdu leur couleur originale. N’hésitez pas à goûter, ce qui reste le meilleur test pour évaluer l’état des produits à base de plantes.

Décembre

  • Il est impératif de pailler les plantes sensibles au froid avant les premières gelées. Pour ceci, vous pouvez utiliser les feuilles mortes qui sont tombées de vos arbres. Plutôt que de les composter, placez-en une couche épaisse sur ou autour de la plante. Cette couche se compostera au printemps et nourrira votre plante.
  • Protégez votre compost pour qu’il ne soit pas trop lessivé par les pluies. Elles ont tendance à emporter les éléments nutritifs. Recouvrez-le d’une bâche s’il est exposé aux intempéries.
  • Si vous avez identifié un carré vierge de jardin qui recevra bientôt de nouvelles plantes, vous pouvez commencer à épandre du fumier et à travailler la terre à l’aide d’une bêche. Le passage des pluies hivernales assurera par la suite une bonne intégration des nutriments dans la terre.
  • Si vous avez récupéré les graines de vos plantes pour les semer au printemps, assurez-vous qu’elles ne soient pas à l’humidité, elles pourraient pourrir. Si votre maison est humide, achetez des petits sachets déshydratants (aussi appelés « dessicants ») et placez un sachet dans chaque poche de graines.
  • Décembre est aussi le mois des grandes réflexions pour le jardin de printemps. Asseyez-vous dans un endroit chaud, préparez-vous une bonne infusion, et planifiez sur papier vos futures rocailles, carrés et autres plates-bandes.

Les 10 plantes faciles à cultiver

C’est le printemps, vous êtes en face du catalogue de graines, motivation au top et plein de bonnes résolutions.

Mais voila, que choisir? Je vous ai déjà donné des pistes de réflexion dans cet article, mais l’article n’abordait pas vraiment les plantes faciles à cultiver pour les débutants.

Qu’a cela ne tienne, c’est l’objectif de cet article. Je vous présente mes 10 plantes favorites qui ont à la fois une grande utilité médicinale et qui sont faciles à faire germer et à faire pousser. Et elles sont toutes belles, ce qui ne déplaira pas au jardinier amateur de couleurs au jardin!

En fin d’article, vous trouverez toutes ces graines regroupées dans la même offre avec une remise de 15% pour vous permettre de démarrer votre petit jardin sans trop d’efforts.


Echinacée (Echinacea purpurea) – système immunitaire

echinacea-purpurea

L’échinacée est la première plante que j’ai introduite au jardin, c’est donc une plante que je connais bien. Et je peux vous dire qu’à l’époque, je n’avais pas encore la main verte. Disons qu’elle était plutôt pâlichonne à cause de longues années derrière un bureau.

Je ne passe pas un hiver sans échinacée. Impossible. Elle stimule les fonctions immunitaires d’une manière efficace et peut se prendre dès les premiers signes d’une infection. Choisissez la pourpre, Echinacea purpurea, car elle sera plus facile d’entretien que les autres.

Attention, la graine requiert une stratification à froid. Terme compliqué, technique simple : tamisez un peu de sable, humidifiez-le, placez-le dans un sac en plastique, placez vos graines d’échinacée dans le sable et placez le tout au réfrigérateur pendant 3 à 4 semaines avant le printemps. Pour plus d’informations, voir l’article ici. Plantez ensuite en bac, la germination devrait se faire assez vite.

Terre : normale
Arrosage : occasionnel au départ, peu fréquent lorsque mature
Exposition : plein soleil


Hysope (Hyssopus officinalis) – bronches

hysope-hyssopus-officinalis

La plante est facile à cultiver, résiste à la sécheresse, dégage une magnifique odeur de menthol et eucalyptus. C’est l’une de mes plantes favorites pour l’hiver, elle est pénétrante, fait du bien aux sinus et aux bronches. Elle protège tout l’arbre respiratoire et en général, tout le monde l’adore, les petits comme les grands. On utilise les sommités fleuries en infusion.

Terre normale, peu d’arrosage, germination classique et facile. Que demander de plus?

Terre : normale
Arrosage : occasionnel au départ, peu fréquent lorsque mature
Exposition : plein soleil


Grande aunée (Inula helenium) – bronches

grande-aunee-inula-helenium

Lorsque l’infection s’installe dans les bronches, une bronchite par exemple, il nous faut une plante un peu plus efficace que l’hysope. Je vous propose la grande aunée, connue pour sa racine à la fois amère et aromatique. On prépare soit une décoction des racines, soit une teinture.

Là encore, germination facile, culture facile, et quelle belle plante! De grosses fleurs jaunes qui monteront un jour à 1m50 ou plus, cela vous dit ?

Sans parler de la satisfaction de casser un morceau de racine, la sortir de terre, et comprendre ce que le terme “racine aromatique” signifie véritablement.

Terre : normale
Arrosage : occasionnel au départ, peu fréquent lorsque mature
Exposition : plein soleil


Souci (Calendula officinalis) – peau

souci-calendula-officinalis

Facile à cultiver à partir de graines, elle se ressème toute seule d’année en année. Elle est très prolifique et produit de magnifiques fleurs oranges. On utilise la fleur entière pour faire des macérats huileux ou des teintures.

On l’utilise aussi bien pour les problèmes de peau que pour les ulcérations des muqueuses digestives. J’ai toujours un onguent de souci à portée de main pour les petites égratignures, inflammations, érythèmes et compagnie. Dans le doute, pour tout problème de peau : le souci!

C’est la plante qui vous ouvrira la porte vers de nombreuses préparations de cosmétique maison.

Terre : apprécie un amendement en compost
Arrosage : peu fréquent lorsque mature car craint l’oïdium
Exposition : plein soleil


Melisse (Melissa officinalis) – digestion et système nerveux

graine mélisse - melisse-melissa-officinalis

La mélisse frappe fort sur les deux problèmes les plus courants d’aujourd’hui, les problèmes digestifs et nerveux.

Elle calme les spasmes digestifs, réduit la production de gaz et calme les états d’anxiété. De plus, elle est très facile à introduire au jardin. Donnez-lui par contre une terre un peu riche et un arrosage régulier.

Si vous n’avez jamais profité des bienfaits d’une infusion de feuilles fraiches de mélisse, je vous invite à le faire. Les enfants adorent sont petit goût citronné, ils peuvent aller en cueillir quelques feuilles pour les petits troubles digestifs ou les états d’hyper-excitation.

Terre : apprécie un amendement en compost
Arrosage : fréquent
Exposition : plein soleil


Matricaire (Matricaria recutita) – digestion et système nerveux

matricaire-matricaria-recutita

Comme la mélisse, la matricaire, aussi appelée camomille allemande, calme à la fois la digestion et les nerfs. Elle est excellente pour les états d’excitation et de colère chez l’enfant. Elle est très polyvalente, agissant aussi bien sur une crampe digestive que sur une crampe menstruelle. Elle fait aussi de très bons produits anti-inflammatoires pour la peau.

Si vous connaissez la matricaire au travers des sachets d’infusette, vous allez avoir une belle surprise lorsque vous essayez une infusion des fleurs fraiches. C’est de la pure douceur.

Et ô bonheur, avec la matricaire, c’est la germination éclair. On sème, ça pousse, on transplante, on récolte.

Terre : normale
Arrosage : peu fréquent lorsque mature car craint l’oïdium
Exposition : plein soleil


Basilic sacré (Ocimum sanctum) – système nerveux

Graine basilic sacré annuel - basilic-sacre-ocimum-sanctum

Aussi facile à cultiver que le basilic culinaire, le basilic sacré apaise l’esprit tout en améliorant nos capacités cognitives.

Dit autrement, il calme et stimule l’esprit à la fois, nous ramenant vers un juste milieu, ni trop bringuebalé par le stress qui nous rend incapable de nous concentrer sur une tache, ni en état d’hibernation mentale. Il nous aide aussi à traverser les périodes d’allergies. Pour ceci, il faut le prendre sur le long terme, deux tasses d’infusion par jour pendant plusieurs semaines.

Il a un parfum de basilic classique, mais par dessus, on retrouve un petit feu d’artifice de parfums qu’il serait dur de décrire ici. Et il surprend lorsque rajouté dans un plat d’aubergines ou dans une coupe de fraises.

Donnez-lui un coin bien ensoleillé et un arrosage régulier. A part ça, RAS!

Terre : normale
Arrosage : peu fréquent
Exposition : plein soleil


Bardane (Arctium lappa) – foie

bardane-arctium-lappa

Le foie est maltraité aujourd’hui, c’est l’organe qui subit le plus les abus de la vie moderne. De temps en temps, il a besoin d’un petit coup de pouce. C’est ce que les anciens appelaient la “cure dépurative”. Et pour la faire, cette cure, rien de mieux que la racine de bardane.

La bardane germe très vite et très bien. La plante n’est pas difficile a cultiver et devient énorme assez rapidement. Soyez généreux sur le compost. Et à la fin de la 2ème année, elle donne les fameuses boules à velcro pleines de graines que gamin, on appelait les “rapapéou” dans le jargon provençal.

La racine se récolte à l’automne de la première année et on la prépare en décoction ou en teinture. Votre foie vous remerciera.

Terre : normale mais apprécie un amendement en compost
Arrosage : peu fréquent
Exposition : plein soleil


Pavot de Californie (Eschscholtzia californica) – sommeil

pavot-californie-eschscholtzia-californica

Vous connaissez des gens qui dorment bien, comme un bébé? Oui, cela devient rare, je suis d’accord avec vous. Et le pavot de Californie est là pour nous aider à retrouver un sommeil apaisé, le tout sans accoutumance.

Cette cousine du coquelicot rajoute de magnifiques fleurs orangées au jardin.

Germination facile, entretien facile tant que le sol draine bien. C’est une annuelle qui produit une grande quantité de graines et se ressème toute seule. On fait des infusions (amères!) ou une teinture avec les parties aériennes.

Terre : normale et qui draine bien
Arrosage : peu fréquent
Exposition : plein soleil


Guimauve (Althaea officinalis)

guimauve-althaea-officinalis

Ahhhh la racine de guimauve… ça vous rappelle votre enfance peut être?

Elle est très riche en mucilages qui permettent de fabriquer un gel adoucissant pour les muqueuses digestives. Elle permet aussi de réguler le transit chez la personne qui a une petite tendance à la constipation.

Au jardin, elle donne de belles fleurs blanches qui tournent légèrement sur le rosé. Elle produit aussi de belles racines charnues. C’est l’une des plus appréciées de notre pharmacopée française.

Terre : normale
Arrosage : fréquent
Exposition : plein soleil

Créer son jardin médicinal : quelles plantes choisir ?

Quatre critères de choix pour ses premières plantes médicinales

Créer son jardin médicinal ! Un rêve. Si je reviens quelques années en arrière, je me vois devant ce carré de terre vierge, pensif. La décision était prise, je démarrais un jardin de plantes médicinales. J’avais à mes cotés une collection de plus de 50 types de graines. Je n’avais jamais rien cultivé, et je savais qu’il fallait choisir les plantes judicieusement.

Si vous êtes dans la même situation aujourd’hui, je partage votre empressement. Les possibilités sont vastes. Vous vous voyez déjà la bêche à la main, chapeau de paille et ongles terreux. Mais quelles plantes choisir pour débuter ?

Dans cet article, je vous propose différentes manières de sélectionner vos premières plantes. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de voir. Le tout est de démarrer à votre échelle, et d’ajuster les années suivantes. C’est au travers du processus que vous allez progresser, il compte tout autant que le résultat final.

Cet article est, comme à l’accoutumé, illustré de photos du jardin.

Créer son jardin médicinal - Monarda fistulosa et M. didyma

Monarda fistulosa et Monarda didyma


1. Créer son jardin médicinal pour les besoins de famille

Les plantes médicinales ont une fonction utilitaire. Autant les mettre au travail dès le départ. Faites un inventaire des petits déséquilibres qui courent dans votre famille, et choisissez quelques plantes qui pourront apporter un soulagement.

Peut-être votre compagnon dort mal ? Vos enfants sont allergiques ? Votre mère à des petits problèmes de varices ?

Une fois l’inventaire fait, et si vous n’avez pas d’expérience au sujet de la transformation des plantes (fabrication des teintures mères par exemple), je vous conseille d’introduire des plantes qui peuvent se consommées en infusions. Autant faire simple.

Pour des petites problèmes de sommeil dus au stress par exemple, une combinaison de mélisse et d’escholtzia pourrait faire l’affaire. Les deux se préparent bien en infusion, et sont très faciles à cultiver.

Vous pouvez créer un petit coin de jardin dédié à chaque personne de la famille. Chacun pourra aller chercher quelques petites herbes lorsqu’il en aura besoin. Vous permettrez à vos proches de s’impliquer dans leur propre bien-être, ce qui est une étape cruciale vers le retour à l’équilibre.

Créer son jardin médicinal - Verbena hastata

Verbena hastata


2. Créer son jardin médicinal par fonction physiologique

C’est la manière que j’ai choisie pour créer son jardin médicinal. Je voulais être prêt pour les petits maux de la vie quotidienne qui pouvaient se présenter dans ma famille.

Les groupes principaux sont les suivants :

  • Le système digestif (reflux gastrique, diarrhée, constipation, etc) ;
  • Le foie et les organes d’élimination (le foie fait bien évidemment partie du système digestif mais je le liste à part à cause de son importance) ;
  • Le système respiratoire (bronchite, sinusite, asthme, etc) ;
  • Le système nerveux (stress, anxiété, dépression, insomnie, etc) ;
  • Le système cardiovasculaire (mauvaise circulation, hypertension, etc) ;
  • Le système urinaire (cystite, candidose, calculs, etc) ;
  • Le système reproductif (ménopause, problèmes de prostate, etc) ;
  • Muscles, articulations, et os (arthrite, tendinite, ostéoporose, etc) ;
  • La peau (eczéma, coups et égratignures, acné, etc) ;
  • Le système immunitaire.

Voici certains choix que j’avais fait pour mes 2 premières années de culture, en choisissant les groupes qui me paraissaient les plus importants dans cette période de ma vie pour ma famille et moi.

  • Le système digestif : centaurée des montagnes, cataire, camomille allemande, patience crépue, guimauve ;
  • Le foie : bardane, fumeterre, andrographis ;
  • Le système respiratoire : grande aunée, hysope, grindelia, asclepiade tubéreuse ;
  • Le système nerveux : scutellaire casquée, mélisse, escholtzia, valériane, passiflore, basilic sacré, ashwaganda ;
  • Le système cardiovasculaire : agripaume ;
  • Le système reproductif : gattilier, alchémille ;
  • Muscles, articulations, et os : scrofulaire ;
  • La peau : souci, consoude, arnica ;
  • Le système immunitaire : échinacée, scutellaire baïcal ;
Créer son jardin médicinal - Asclepias tuberosa

Asclepias tuberosa


3. Couleur et apparence et son jardin médicinal

Certains favorisent l’esthétique autant que le fonctionnel. L’apparence de la plante médicinale, sa stature, sa couleur comptera autant que sa fonction. Je ne procède pas de cette manière personnellement, mais je respecte cette approche.

Prenons un exemple pour la sphère pulmonaire. Trois plantes pourraient se  présenter à nous :

  • L’hysope – petite, touffue avec des fleurs d’un beau bleu intense ;
  • La grande aunée – imposante en taille, avec de grosses fleurs jaunes ;

Deux tailles différentes, deux couleurs. A vous de composer en fonction de vos goûts.

En ce qui me concerne, j’aime la surprise. Je ne calcule pas trop à l’avance. Mais si l’aspect ornemental compte pour vous, l’internet vous fournira une foule de photos vous permettant d’explorer la forme, la taille et la couleur de la plante.

Créer son jardin médicinal - Monarda didyma

Monarda didyma, fin de période de floraison


4. Créer son jardin médicinal pour la facilité de culture

Créer son jardin médicinal et l’entretien qui s’ensuit ne doit pas être une contrainte. Aussi, il faut savoir qu’en règle générale, les annuelles germent beaucoup mieux que les vivaces, et poussent plus rapidement. C’est logique, elles n’ont qu’une saison pour tout donner.

Pour les vivaces, les graines ne nécessitant aucune préparation spéciale germeront plus facilement que celles qui nécessitent une stratification à froid, une scarification ou une exposition à la lumière (Voir notre article sur la germination)

Voici une liste de plantes qui germent et poussent très facilement :

cataire – melisse – trèfle – basilic sacré
escholtzia – souci -camomille – achillée millefeuille
agastache – bardane – fumeterre – guimauve
hysope – onagre – partenelle

Créer son jardin médicinal - Anemone pulsatille

Anemone pulsatilla


En résumé

Si je devais faire la synthèse des différentes manières de sélectionner les premières plantes, pour créer son jardin médicinal, voici ce que je recommanderais :

  • Faites un inventaire des petits déséquilibres de votre famille (section 1) ;
  • Mais prévoyez aussi des plantes pour les petits maux de tous les jours (section 2) ;
  • Une fois votre liste terminée, je suis persuadé qu’elle sera trop longue. Éliminez à ce moment là celles qui seraient un peu compliquées à cultiver (section 4), ou celles qui ne vous plaisent pas d’un point de vue ornemental (section 3).

Si vous avez du temps, sélectionnez-en une quinzaine de plantes médicinales, sachant que certaines ne germeront peut-être pas, car on fait parfois une mauvaise manipulation. Trop d’eau ou pas assez ? Trop chaud ou pas assez les semaines qui suivent le semis ? Parfois, on n’arrive pas vraiment à dire pourquoi les graines n’ont pas germé. Voir nos articles sur la germination, la préparation des bacs à semis, les erreurs à éviter.

Mes graines d’anémones pulsatille ont fait grève la première année où je les ai planté. L’an dernier, j’ai eu des problèmes avec mes graines de baptisia. Chaque année amène ses surprises. C’est comme ça, patience et persévérance sont de rigueur.

J’espère vous avoir donné les outils nécessaires pour faire avancer votre réflexion. Alors à vos marques !

Créer son jardin médicinal - Guimauve et échinacées

Guimauve (Althaea officinalis) et Echinacées (E. purpurea et pallida)

Eclaircir les semis. Comment faire ?

Apprendre à faire de beaux plants

Au jardin comme dans la vie, tout est une question d’équilibre. Le jardinier doit faire germer assez de graines pour atteindre ses objectifs, sans pour autant en faire trop.

Le piège est bien évidemment de trop faire de plants et de ne pas pouvoir s’en occuper par la suite. C’est une erreur que j’ai commis à mes débuts. Les plants finiront dans un coin, délaissés et certains périront.

Comment atteindre ce juste milieux lorsque l’on ne connaît pas encore la plante que l’on introduit au jardin ? La graine germera-t-elle abondamment ou peu ? Comment faire pour obtenir le nombre de plants voulu ?

La réponse est simple : semer généreusement et éclaicir le semis suffisamment.

Eclaircir les semis pour y voir plus clair

Eclaircir le semis consiste à enlever un certain nombre de plantules afin de donner plus de place aux autres. Lorsque les feuilles des minuscules plantules commencent à se toucher, il est temps d’éclaircir.

  • Le matériel nécessaire : une pince à épiler, ou un doigté précis.
  • L’information nécessaire : combien de plants matures voulez-vous obtenir au final ?

Voici comment procéder, illustré de photos.

Nous commençons par un semis de Vergerette du Canada (Conyza canadensis), plante très utile pour les inflammations intestinales de type colite ulcéreuse.

Comme vous pouvez le constater, j’ai semé dru, et le taux de germination a été relativement élevé, me fournissant une bonne couverture de plantules. Les plantules commencent à être trop serrées.

Eclaircir les semis - Semer
La germination

J’ai décidé que je ne garderai que 10 plants matures, ce qui me permets de voir si je dois éclaircir plus ou moins agressivement.

J’éclaircis à l’aide de la pince à épiler.

Eclaircir les semis - Eclaicir
Eclaircir les plants

Je laisse à peu près une quinzaine de plantules, sachant qu’elles ne survivront pas toutes.

Eclaircir les semis - Encore éclaicir
Ce qu’il faut laisser

Et voila, de la place pour tout le monde.

Voici d’autres exemples, avec les photos avant/après éclaircissement.

Plants de Basilic sacré

Eclaircir les semis - Plants sérrés

Eclaircir les semis - Phase intermédiaire

Plants de Codonopsis

Eclaircir les semis

Eclaircir les semis - Résultat final
Et voici le résultat final !

Eclaircir les semis par vague

Il est bon d’éclaircir les semis par vague, ou par phase. On éclaircit une première fois en laissant beaucoup plus de plantules que nécessaire.

On les laisse ensuite grandir et évoluer, puis on enlève les plus faibles. On les laisse grandir encore un peu, puis on enlève encore les plus faibles, ainsi de suite jusqu’à obtenir le nombre voulu de plants matures.

Pour l’hysope par exemple, j’ai réalisé mon dernier éclaircissement avec des plantules relativement matures comme montré sur la photo ci-dessous.

Eclaircir les semis - Prêt à planter
Bientôt prêt à planter !

Honorer les plantules

Si arracher les petites plantules vous donne l’impression de commettre un infanticide, je vous comprends tout à fait.

Je consomme certaines plantules que j’arrache. C’est ma manière de leur payer mes derniers respects. Aussi petites soient-elles, elles sont souvent incroyablement concentrées en arômes et principes médicinaux.

Je déguste volontiers les parties aériennes de mon basilic sacré ou de ma partenelle, ou les racines de mon échinacée ou de mes codonopsis, racines qui sont fines comme des cheveux.

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme…

Accueil

Le jardin est désormais fermé

Chers amis,

Ma femme et moi avons décidé de fermer Le Jardin des Médicinales et d’arrêter la vente de graines. Je pensais fermer vers la fin Septembre, mais l’annonce de la fermeture dans ma dernière lettre d’information a provoqué une rupture de nos stocks.

Nous avons mené cette affaire avec cœur depuis 2012. Elle a commencé avec une seule personne – moi.
Je cultivais, je ramassais, je faisais sécher, je triais les graines, et le soir, je préparais mes enveloppes sur la table de la cuisine.

Deux ans plus tard, je demandais à ma femme de m’aider et d’investir une partie de sa journée dans cette activité.
Deux ans plus tard, je mettais ma mère à contribution quasiment à plein temps pendant une période de l’année.

Aujourd’hui, je me rends compte que cette activité est de plus en plus compliquée à faire tourner. D’abord, en toute franchise, car je préfère m’investir dans mes activités d’éducation. Je pense que c’est à cet endroit que je peux faire le plus de différence.

Pour ce faire, j’ai besoin de plus de liberté. Cultiver une grande diversité de plantes demande d’être présent sur place une grande partie de l’année. Aujourd’hui, j’ai plutôt envie de prendre mon sac à dos, mes chaussures de marche et mon appareil photo pour arpenter les chemins. Je continuerai donc le jardinage, à petite échelle, pour me faire plaisir, sans impératifs ni pression.

Ensuite, car ma région, le Vaucluse, devient de plus en plus caniculaire. Lorsque j’étais gamin, nous étions le verger de la France. Les jardins étaient luxuriants. Aujourd’hui, si la tendance continue, nous allons évoluer vers un climat quasi désertique.

J’ai un forage. Certains m’ont dit “ouvre les vannes minot, sois pas radin, tu verras que ton jardin te remerciera“. Ceci ne me convient pas. J’essaie d’arroser au minimum, avec un système de goutte à goutte, afin de préserver l’eau. Je paille, j’utilise des zones d’ombre, etc. Mais ces derniers étés, tout ceci n’est plus suffisant. Je ne veux plus dépenser l’eau de cette manière.

Nous arrêtons donc la vente de graines. Cela aura été une belle aventure et j’en garderai de fabuleux souvenirs.

Un grand merci à vous pour nous avoir fait confiance toutes ces années.

Je vous en remercie de tout cœur. J’espère vous retrouver sur mon blog AltheaProvence.

Christophe